La méthode AMK : artisanat et upcycling

Dans ce premier article je vais donner les clés qui vous permettront de comprendre la méthode de travail AMK, qui est, pour résumer, de l’upcycling artisanal.

L’upcycling est un terme anglais (traduit officiellement en français par surcyclage) popularisé par un ingénieur allemand, Reiner Pilz, dans les années 1990 qui s’applique à une gestion précise de n’importe quel déchet. Il ne faut pas le confondre avec le recyclage qui est un processus de transformation de la matière par la dégradation de celle-ci pour lui donner une forme nouvelle, alors que l’upcycling réemploi la matière déjà existante pour la revaloriser, soit en modifiant la nature de l’objet, soit en changeant seulement l’esthétique de celui-ci.

présentation upcycling, découpe d'une pièce unique dans des chutes de tissus colorés

Dans la mode différentes pratiques se sont développées, l’une qui transforme un vêtement déjà existant en le déconstruisant pour le remonter autrement, ou une autre qui utilise des chutes assez conséquentes de tissus, des rideaux, des nappes ou du surplus de production, aussi appelé stock dormant, afin de confectionner un vêtement à partir de tissu à plat sans être contraint par la forme d’une première création. C’est cette dernière méthode qui est pratiquée chez AMK.

Malgré son intérêt grandissant ces dernières années il ne faut pas croire en une technique révolutionnaire et moderne pour faire face à la dégradation de notre environnement. Cette pratique est aussi vieille que le fait de s’habiller, c’est-à-dire plus ancienne que l’écriture qui a environ 5 000 ans. Avant la révolution industrielle et la mécanisation de la production textile, une étoffe est un bien précieux qui nécessite un certain temps de travail pour la produire, il est donc logique de ne pas la gaspiller et d’en tirer le maximum. Acte d’une réelle nécessité pour la population la moins aisée mais répandu également chez les plus fortunés de part la grande valeur de certaines pièces. Le déclin de l’upcycling atteint son apogée lorsque le prêt-à-porter inonde les magasins à partir de la seconde moitié du XXème siècle, puis internet. Constatant que cette production de masse entraîne de grands impacts négatifs sur notre environnement (point qui sera développé dans un futur article), et par soucis écologique la nécessité du réemploi se manifeste de nouveau.

L’artisanat est l’emploi d’un savoir-faire particulier qui permet la maîtrise de toutes les étapes de production afin de créer un objet utile. À l’expertise technique vient se joindre une vision artistique de l’objet, il y a donc un engagement esthétique appliqué à la production. L’artisan travaille à la fois comme un ouvrier et comme un artiste, se laissant guider par son inspiration, nourrie par tout ce qui l’entoure. Le nom en lui-même révèle cette implication de l’art, dès l’antiquité Cicéron nommait ce genre de pratique necessaria artificia en latin. L’artisanat peut être envisagé comme la livraison d’un service poétique et enchanteur.

Un produit AMK est donc un produit utile et nécessaire au monde d’aujourd’hui car il répond à une urgence de qualité et de durabilité.

Andjali KRESTINSKY, écrit sans IA

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